Paroisse Saint Julien
Paroisse Saint Julien

L'EGLISE SAINT-VALLIER DE NORGES LA VILLE

(Situez Norges sur la carte Cassini en cliquant sur ce lien)

Saint Vallier : Vallier ou Vallère était au  5ième  siècle le diacre de Didier, l’évêque de Langres, quand  Chrocus, chef d’une peuplade barbare, incendia la ville et passa ses habitants au fil de l’épée. Vallier conduisit un groupe de survivants vers le Jura ; mais rattrapé par les barbares, il fut supplicié dans la région de Port-sur-Saône. Saint Vallier, comme saint Martin et saint Vincent était pour les chrétiens le patron des vignerons.

Une église très ancienne 

 

L’église paroissiale de Norges compte parmi les cinq plus anciennes du département de la Côte d’or comme l’atteste la disposition des pierres en opus spicatum ou en épines de poisson, visible avant le crépissage des murs et qui constitue un élément décoratif typique des églises de l’an mil. On possède l’acte de donation que Bruin et sa femme Tressoara firent de leurs biens situés à  Norges à l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon. Cet acte, datant d’octobre 881, fait mention d’une  chapelle domestique déjà placée sous le vocable de Saint-Vallier.

 

 

 Les importants travaux de restauration menés en 1993 révélèrent la présence de bâtiments côté Ouest contenant des céramiques des 15 et 16ièmes siècles et l’on découvrit également, accolé au mur côté Est, un sarcophage transformé en ossuaire de l’époque mérovingienne. Il renfermait les restes de 21 personnes.

Une église qui a tourné sur elle-même 

 

Toujours en 1993, on a découvert l’emplacement de l’ancienne porte d’entrée du bâtiment située à l’Ouest et sur le mur Est, celui de l’autel avec, à sa droite, sa piscine creusée dans la pierre, munie de son orifice d'écoulement et dans laquelle on jetait l'eau ayant servi à purifier les mains.   

Avec leurs nombreux décrochements, leurs pierres d’origines et de dispositions diverses – une d’entre elles étant gravée d’une marelle romaine -, leurs fenêtres de tailles et d’époques différentes, les murs témoignent des nombreux remaniements subis par la chapelle privée.

Une nouvelle porte à l’arc roman fut percée côté Sud et la chapelle se vit flanquée côté Nord d’un campanile. Cette tour, destinée à abriter les cloches, domine le toit anciennement recouvert de laves et fut elle-même à son tour prolongée par un chœur dont la hauteur est en partie masquée par un plafond de bois.

Une richesse insoupçonnée

 

Cette modeste église possède un riche mobilier dont une vingtaine est classée Monuments historiques et dont, pour la plupart, on ignore    l’origine. 

 

 Les statues 

 

La plus ancienne, datant du 17ième  siècle est celle de saint Denis, second patron de la paroisse mais la représentation de ce saint céphalophore pourrait être aussi celle de saint Didier, Norges ayant fait partie du diocèse de Langres jusqu’au 18ième siècle. Le groupe représentant sainte Anne et la Vierge est constitué de trois morceaux et Marie porte des vêtements à la mode du 17ième siècle.

Saint Abdon, représenté en soldat romain, patron des tonneliers, ses restes ayant été rapportés de    Rome cachés dans un tonneau à double fond.

Sainte Elisabeth, accompagnée de saint Jean-Baptiste, est vêtue des couleurs traditionnellement  réservées à la Vierge Marie.

 

Sainte Catherine porte les attributs de son supplice et foule aux pieds sa couronne de princesse.

Les tableaux 

 

L’autel latéral de gauche est surmonté d’une Annonciation de Gabriel Rével, un élève de Le Brun qui fit carrière dans le Dijon parlementaire du 18ième siècle. La Visitation est le thème évoqué sur le panneau anonyme de l’autel latéral de droite.

Les deux volets d’un triptyque dont il manque le panneau   central représentent les fondateurs de     l’Hospice Sainte-Anne de Dijon, devenu aujourd’hui collège Marcelle Pardé, rue Condorcet.   Pierre  Odebert, président au Parlement de Dijon, consacra toute sa fortune à cet orphelinat ; il avait épousé Odette Maillard, fille de vicomte mayeur de Dijon. Les deux panneaux datent de 1633, les deux époux sont    représentés en position orante accompagnés d’un orphelin.

Le tableau central qui orne le centre du retable baroque  du maître autel  représente la         décollation de saint Vallier. De part et d’autre sous des toiles du 18ième siècle dont un très beau     Saint-Paul,   on   peut   admirer  des médaillons en bois sculptés de l’école Dubois représentant Sainte Reine et Saint Claude.

La restauration complète de l’église commencée en 1989  a duré 23 ans et a été conduite par l’Association Saint-Vallier.

Chantal  BRIQUEZ 2016

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